Obligations des employeurs face aux canicules au travail : comprendre les mesures de sécurité
Par L'équipe rédac' de Rcreatif
Publié le juin 15, 2026

Imaginez que vous êtes sur le chantier d’un bâtiment en plein été. Le soleil tape fort, la chaleur est étouffante, et vous vous demandez si travailler dans ces conditions est vraiment sans danger. Vous n’êtes pas seul à vous poser cette question. Alors que les vagues de chaleur se multiplient, de nombreux salariés s’interrogent sur les mesures que leur employeur doit prendre pour garantir leur sécurité. Dans cet article, nous faisons le point sur les obligations légales et les précautions à prendre pour travailler en toute sécurité lors des périodes de canicule.
Les 3 infos clés
- Depuis le 1er juillet 2025, les employeurs doivent renforcer la prévention en cas de canicule, en adaptant l’organisation du travail.
- Le Code du travail n’impose pas de température maximale, mais l’employeur a une obligation de sécurité envers ses salariés.
- Les salariés peuvent exercer leur droit de retrait en cas de danger grave, mais la chaleur seule ne suffit pas à le justifier.
La prévention face aux vagues de chaleur
Depuis l’été 2025, les entreprises ont l’obligation de mettre en place des mesures de prévention spécifiques dès que Météo-France émet une vigilance jaune. Cela signifie que les employeurs doivent évaluer les risques et ajuster les conditions de travail. Ces ajustements peuvent inclure l’aménagement des horaires, la mise à disposition d’espaces ombragés ou la fourniture d’eau potable en quantité suffisante.
Dans les secteurs tels que le bâtiment ou l’agriculture, où le travail en extérieur est fréquent, ces mesures sont essentielles pour éviter les accidents liés à la chaleur. Les employeurs sont aussi encouragés à privilégier les tâches moins physiques ou à reporter certains travaux lorsque les températures deviennent insoutenables.
Obligations légales et droits des salariés
Le Code du travail ne spécifie pas de température maximale au-delà de laquelle le travail doit être interrompu. Cependant, il impose aux employeurs de garantir la sécurité physique de leurs employés. Si un salarié estime que sa santé est en danger, il doit alerter son employeur, qui doit alors évaluer la situation et prendre des mesures appropriées. Les salariés peuvent également se tourner vers les représentants du personnel ou le médecin du travail pour obtenir un soutien supplémentaire.
Le droit de retrait est un recours possible en cas de danger grave et imminent. Toutefois, il doit être exercé avec précaution, car la simple présence de chaleur ne justifie pas toujours un retrait du poste. Chaque situation doit être évaluée dans son ensemble, en prenant en compte tous les facteurs de risque.
L’évaluation des risques thermiques au travail
Une vigilance particulière est recommandée dès que les températures atteignent 28°C pour les travaux physiques et 30°C pour les postes sédentaires. Ces seuils ne sont pas des limites légales, mais ils servent de repères pour les employeurs. L’évaluation doit tenir compte de l’exposition au soleil, de la ventilation, de l’accès à l’eau potable et de la fréquence des pauses.
Les employeurs doivent également envisager des formations pour sensibiliser les équipes aux risques liés à la chaleur et aux comportements à adopter pour se protéger.
Vers une politique de prévention plus globale des risques climatiques
Avec le changement climatique, les vagues de chaleur sont appelées à devenir plus fréquentes et plus intenses. Les entreprises doivent donc anticiper et intégrer une politique de prévention des risques climatiques dans leur organisation. Cela passe par l’adaptation des infrastructures, l’éducation des travailleurs sur les risques et la mise en place de protocoles d’urgence en cas d’épisodes de chaleur extrême.
Les grandes entreprises, comme Vinci ou Bouygues, ont déjà commencé à investir dans des solutions durables pour protéger leurs employés. Cela inclut l’utilisation de matériaux innovants pour réduire la chaleur sur les chantiers ou l’implantation de toits végétalisés pour rafraîchir les bureaux.
Les enjeux de la santé au travail à l’ère du réchauffement climatique
Le secteur de la santé au travail se prépare à relever des défis majeurs face au réchauffement climatique. Outre les fortes chaleurs, d’autres phénomènes climatiques extrêmes, tels que les tempêtes ou les inondations, posent de nouveaux risques pour la sécurité des employés. Les entreprises doivent donc adapter leurs pratiques, en s’inspirant des recommandations d’organismes tels que l’Organisation internationale du travail (OIT).
Des initiatives telles que la certification ISO 45001, qui vise à améliorer la gestion de la santé et de la sécurité au travail, gagnent en importance. Les entreprises qui adoptent ces normes montrent un engagement proactif pour protéger leurs employés et promouvoir un environnement de travail sûr et sain.